DESCRIPTIONS

Un travail d'architecte

architecture

Je suis architecte

Suite à mon diplôme j'ai poursuivi mes études par un 3ème cycle dans le domaine du paysage et de l'aménagement. 

Je suis salariée depuis 9 ans dans une agence où je travaille sur des projets liés à des problématiques urbaines, ou, plus rarement, sur des projets en secteur agricole ou en milieu naturel. Je gagne environ 2.000 euros net par mois, en ne travaillant pas le mercredi. 

J'ai 37 ans. Je vis au bord de la mer Méditerranée. 

Parcours 

L'idée préalable, lorsque j'ai commencé mes études d'architecture était le plaisir de concevoir des espaces. Les espaces liés à l'intime et au quotidien surtout, la maison. 

Puis, en enchaînant sur des études de paysage, réfléchir aux liens que ces espaces créés entretiennent avec les lieux dans lesquels ils se trouvent. 

Aujourd'hui, dans mon travail quotidien, il me semble que le souci principal est de maintenir une cohérence et la possibilité d'une appropriation individuelle des lieux et des espaces (la cohérence fait appel à des références culturelles, physiques, inconscientes, etc....). 

Mon travail quotidien me satisfait : plaisir de concevoir, travail sur les liens avec un contexte, physique ou culturel. Sauf que je ne travaille pas sur la notion de privé ou d'intime. 

L'agence 

Il s'agit d'une structure privée. L'activité consiste à exécuter par le biais de marchés passés avec un client, des projets d'aménagements. La commande que nous avons est, par choix, exclusivement publique. 

Les projets concernent l'aménagement d'espaces urbains, d'infrastructures, la restauration d'espaces naturels, de lieux patrimoniaux ou d'installations classées (industries). 

La structure est petite, nous sommes actuellement cinq personnes (c'est peu, habituellement nous sommes plus nombreux, jusqu'à une dizaine). L'équipe est pluri-disciplinaire : paysagiste, ingénieur, et moi architecte. Et il y a une secrétaire et un infographe. 

Rôle de chacun 

Dans l'agence, chacun fait ce qu'il veut, à peu près. 

On tient informé le responsable de l'agence qui généralement nous renvoie à nos responsabilités, il n'a ni le temps ni la disponibilité ni souvent l'envie de s'occuper des projets qui ne sont pas les siens. Il est généreux et disponible en cas de problème. 

Les maîtres d'ouvrage 

C'est par ce terme que l'on désigne nos clients, nous sommes, nous concepteurs, les maîtres d'oeuvre. 

Les clients sont des collectivités locales ou territoriales : communes, Conseils Généraux, Conseils Régionaux, ministères, ou leurs émanations, parcs régionaux ou nationaux, conservatoires (d'espaces littoraux ou naturels), etc.... 

Selon le montant du marché et le type d'aménagement, ils nous sollicitent directement, ou nous répondons par candidature aux annonces qui paraissent -de façon obligatoire pour les marché publics. 

Les partenaires 

Nous travaillons seuls ou au sein d'équipes, constituées, selon les projets, par des architectes et/ou architectes du patrimoine, des urbanistes, des ingénieurs, des scénographes, des botanistes, des écologues, des spécialistes d'économie touristique, des juristes, des designers, des plasticiens, des éclairagistes, des sociologues, etc.... 

Les projets 

Ils débutent généralement par une phase d'analyse de site à l'issue de laquelle sont donnés le diagnostic et les enjeux d'aménagement. 

Commence alors la phase du projet proprement dit, esquisses, avant-projet et projet. Cette phase est faite d'incessants aller-retour/réunions avec toutes les personnes concernées: nous concepteurs apportons nos dessins/maquettes auxquels chacun réagit en avançant ses arguments spaciaux, techniques, fonctionnels, esthétiques, financiers, etc…

Lorsque le projet est abouti, suivent les phases de réalisation : réalisations des documents techniques, consultation des entreprises, chantier, réception des travaux. 

Par exemple, les projets que j'ai actuellement sont : 

• La réhabilitation des espaces extérieurs d'un lycée datant des années 60 et recevant 4.000 élèves.
• La réalisation d'un petit espace public, place et passerelle piétonne sur rivière dans une petite ville ouvrière. 
• Une étude à partir de cas types en vue de la réhabilitation de campings sur le littoral méditerranéen. 
• La restauration d'un jardin classique à la française appartenant à une collectivité, en vue de son ouverture au public au sein d'un domaine plus vaste. 
– La réalisation dans une grande ville d'un cheminement piéton en bord de fleuve.
• Plusieurs projets concernant la problématique, quotidienne pour nous, récurrente et essentielle des formes actuelles d'extension urbaine, réflexions visant à stopper le phénomène pavillonaire. 

Des limites 

• La volonté des élus. Elle peut être énoncée de façon directe et brutale (par exemple un maire qui dit « je ne souhaite pas ouvrir ce secteur de la commune à l'urbanisation [secteur indiqué comme étant favorable par nous, équipe pluridisciplinaire payée cher pour ses compétences] puisque ce ne sont pas les terrains de mon gendre et ma fille » [et donc les retombées financières d'urbaniser un nouveau secteur ne leur reviendront pas]). 
Elle peut être plus pernicieuse et argumentée par de bonnes raisons (par exemple, une grande ville qui ne souhaite pas relier les quartiers à l'écart d'une ZUP des années 70 au reste de la ville peut faire prévaloir la nécessité de maintenir une « coupure verte » notion en vogue censée pérenniser un espace naturel en milieu urbain, etc.... les exemples sont innombrables) 

• Les lenteurs administratives qui peuvent enliser à la longue un projet intéressant et motivé. Ou ce que l'on appelle aussi lenteurs administratives mais qui en réalité relève des lenteurs humaines, voire de l'incompétence 

• Rarement l'argent. Je ne trouve pas, dans ma pratique, que ce soit un réel problème, il y en a toujours un peu, et les solutions les meilleures ne sont pas forcément les plus onéreuses. C'est la répartition qui est faite de cet argent qui reste discutable. 

Un exemple qui synthétise ces limites : une commune nous demande un projet de réhabilitation d'une place de village. 

Après visite des lieux, la place nous semble presque parfaite comme elle est, un peu désuète mais pleine de charme. Nous rechignons à faire un projet sur cet espace, qui en serait certes transformé, pas en moins bien sûrement, mais pas nécessairement en mieux non plus. Le conseil municipal tient cependant à montrer à ses électeurs qu'il « améliore » leur cadre de vie. Nous n'avons pas prise sur le budget du village, nous pouvons dire aux élus de dépenser l'argent ailleurs mais ils trouvent que nous outrepassons notre rôle. Et notre rôle est précisément le plus « voyant », ils rappellent donc, nous ou quelqu'un d'autre pour « faire » le projet. On peut tenir bon : dépenser un peu d'argent sur quelques actions légères, changer un peu de mobilier, proposer une nouvelle gestion plus rationnelle, ect.... mais tenir le cap d'une intervention minimum. C'est rarement satisfaisant pour eux si l'idée est précisément de dépenser et de le montrer. 

Ainsi les limites de notre travail : une volonté politique, pas forcément abusive, elle peut être de bonne foi et légitime mais pourtant décalée et/ou incompétente et une répartition budgétaire qui nous semble injustifiée. 

L'enthousiasme 

• Pour les lieux, souvent pleins de magie alors qu'on les pensait banals 
• Pour les gens, certains élus sincères et scrupuleux, ou des maîtres d'ouvrage dont l'esprit synthétique et lumineux peut faire gagner des années de travail ou sauver un lieu, ou des partenaires de projet subtils, créatifs, érudits, modestes et drôles.